Déclaration de l’ANAD: Bella Kamano démolit tous les arguments juridiques avancés.

Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 11 juillet 2025, les acteurs réunis au sein de L’Alliance Nationale pour l’Alternance Démocratique (ANAD) ont formellement rejeté le projet de nouvelle Constitution. Ils estiment que le texte proposé ouvre la voie à des violations de la Charte de la Transition ainsi que des engagements pris par le président de la Transition vis-à-vis du peuple de Guinée. Ce qui ne surprend pas Bella Kamano, journaliste et acteur politique, car selon lui, l’ANAD ne voulait même pas d’une nouvelle constitution au départ. L’ANAD est dans sa logique de lire ce projet avec un esprit anachronique et les yeux d’une opposition traumatisée.

« La déclaration de l’ANAD dans laquelle elle rejette le projet de nouvelle constitution ne me surprend pas guère. Cette plate-forme politique qui n’est que le squelette d’elle-même après le départ de la majorité de ses membres voulait qu’on garde l’ancienne constitution, porteuse de germes de troubles. La raison était toute simple, aller vaille que vaille vite aux élections pour retomber dans un autre  coup d’État. Or, leur volonté face à celle du peuple est une goutte d’eau dans un océan. Donc, ses membres sont dans leur logique de lire le projet de nouvelle constitution avec un esprit anachronique et les yeux d’une opposition traumatisée par l’heureuse tournure des événements.

Il est temps qu’ils admettent qu’une charte de la transition est élaborée pour répondre aux besoins circonstanciels, lorsque les circonstances qui ont déterminé son élaboration disparaissent elle disparaît avec. Par contre, une constitution  est intemporelle et impersonnelle. En conséquence, les dispositions transitoires d’une constitution n’ont plus ne sont faites pour exclure. La vraie violation flagrante proviendrait plutôt de l’introduction des  articles 46, 55 et 65 de la charte de la transition  dans le projet de nouvelle constitution. Quand on sait que ce projet de nouvelle constitution consacre tout un  chapitre aux libertés, droits et devoirs du citoyen. En outre, la même constitution prévoit les conditions à remplir pour être candidat à une élection présidentielle. Peut-on remplir toutes ces conditions et être empêché par une disposition transitoire?

Il y a l’article 74 qui selon eux, garantit l’impunité au président de la république et qui contredirait l’article 160. Cette conclusion hâtive résulterait d’une pathologie ophtalmologique dont souffre les juristes de l’ANAD. L’article 74 parle d’un « exercice régulier du pouvoir » quand l’article 160 parle de « l’exercice du pouvoir » tout court, il y a donc lieu de voir et de prendre en compte cette précision . Cependant, la menace de s’opposer au projet de nouvelle constitution est un langage démocratique.Car, une constitution tire également sa légitimité de l’opposition entre le OUI et le NON, rappelle le président du parti union pour la liberté et l’émergence (ULE) ».

Propos recueillis par Zézé pour: Guineevox.info