Dans une tentative de coup d’éclat politique, Mahomed Traoré, Conseiller national au sein du Conseil National de la Transition (CNT), a déposé sa lettre de démission, datée du 13 janvier 2025 mais écrite depuis plusieurs mois. La question : pourquoi avoir attendu autant de temps pour démissionner ? S’il espérait susciter un tollé médiatique ou une vague de soutien populaire, il s’est lourdement trompé. Sa sortie est perçue, à juste titre, comme un acte de désaveu personnel plutôt qu’une prise de position patriotique.
Dans sa lettre, M. Traoré prétend justifier son départ par le non-respect du chronogramme de la transition fixé à 36 mois, conformément à une résolution du CNT. Mais soyons clairs : une résolution n’a aucune valeur contraignante. Il est incompréhensible qu’un juriste de sa trempe, qui connaît parfaitement les subtilités du droit, feigne d’ignorer cette évidence. Ce prétexte n’est donc qu’une façade, un écran de fumée destiné à camoufler son véritable malaise au sein de l’institution.
En réalité, Mahomed Traoré n’a jamais été un acteur engagé de la refondation de la Guinée. Durant son passage au CNT, son comportement a souvent été marqué par l’absentéisme et le désintérêt manifeste pour les travaux parlementaires. Au lieu de contribuer activement aux débats et aux réformes nécessaires pour l’avenir du pays, il s’est enfermé dans une posture critique stérile, cherchant à freiner les initiatives de refondation, notamment l’élaboration de l’avant-projet de nouvelle Constitution.
Plus préoccupé par ses intérêts personnels que par ceux de la nation, M. Traoré n’a pas hésité à percevoir salaires et primes financés par l’argent du contribuable. Un argent qui, malheureusement, n’a servi qu’à alimenter des cercles de discussions stériles avec des individus nourrissant des agendas obscurs. Plutôt que de s’investir pleinement dans la mission qui lui a été confiée, il a préféré jouer le rôle d’opposant interne, un rôle qui n’a apporté aucune valeur ajoutée aux travaux du CNT, pourtant applaudis par tous.
Son serment, pourtant solennellement pris lors de sa prise de fonction, a été piétiné au profit de calculs politiques personnels. Le peuple guinéen mérite des cadres dévoués, qui placent l’intérêt national au-dessus de leurs ambitions. Mahomed Traoré a failli à cette mission. En s’éloignant du CNT, il ne laisse derrière lui que des souvenirs d’une contribution insignifiante et d’un comportement nuisible à l’avancée des réformes.
Que son départ soit perçu comme un « non-événement ». Il s’agit simplement de la réalité. Le CNT continuera sa mission sans lui, avec la ferme volonté de conduire la Guinée vers un avenir meilleur sous le leadership du Président de la République, Général Mamadi Doumbouya. Les détracteurs de la refondation peuvent continuer leurs critiques à l’extérieur des institutions, mais l’Histoire jugera ceux qui ont réellement œuvré pour le progrès du pays.
La Guinée est à un tournant décisif de son histoire. Ceux qui choisissent de s’en détourner pour des raisons obscures ne manqueront pas d’être balayés par le vent du changement. Bon débarras, Maître Traoré.
Le CNT avance, et le peuple guinéen ne sera pas distrait par des démissions opportunistes ou des manœuvres politiques de bas étage.
Ahmed Sacko