Après sa condamnation à vingt ans de prison ferme à l’issue du retentissant procès du 28 septembre 2009, l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara a été gracié dans la nuit de ce vendredi, 29 mars 2025 par le Général Mamadi Doumbouya. C’est dans un décret qui a surpris plus d’un que la raison de santé a été invoquée pour justifier cette grâce présidentielle. Pour le président du parti Union pour la liberté et l’Emergence (ULE), Bella Kamano il faut analyser l’acte sous un angle humanitaire. Le journaliste et homme politique croit que cette grâce favorise également la réconciliation nationale.
« D’entrée, il est primordial de souligner que le retentissant procès qui a abouti à la condamnation de l’ancien patron du CNDD est un événement sans précédent. En ce sens qu’il renferme a lui tout seul, une histoire politique et une autre d’Etat de droit. Quoique, ce procès a appris à tous que seule la loi régit la vie en société civilisée. La grâce accordée à l’ancien chef de la junte qui a dirigé le pays de 2008 à 2009 , intervenue dans la nuit de vendredi a pris de court tous les guinéens. Qu’à cela ne tienne, il faut analyser l’acte sous un angle hautement humanitaire. Heureusement que le décret parle mieux que les commentaires. Je rappelle aussi que l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara a passé déjà plusieurs années en train de croupir en prison, avec toutes les conséquences sanitaires liées à la vie carcérale.C’est pourquoi, dans ce décret de grâce il faut y voir la volonté du Général Mamadi Doumbouya de sauver la vie d’un homme qui a servi à un niveau le plus élevé. Concomitamment, il favorise le rassemblement et la réconciliation nationale. Est-il besoin de rappeler que le capitaine Moussa Dadis Camara a volontairement accepté de se soumettre à la justice de son pays ? Mais très souvent, cette volonté n’est pas prise en compte par les analyses. Le Capitaine Dadis aurait pu s’entêter à rester en exil comme d’autres . Mais, sa volonté de faire face aux accusations n’a jamais fléchi. C’est une attitude qui a consisté à assumer la responsabilité qui était la sienne et fermenter le pardon. En outre ,au-delà de l’envergure nationale du capitaine Dadis qui revêt un aspect politique, cette grâce envoie un message de pardon national incarné par le Général Doumbouya. Et dans ce contexte de refondation, chaque fille et fils de la Guinée a sa partition à jouer ». Conclut le président de l’ULE.
Propos recueillis par Marie Soumah pour GUINÉEVOX.INFO